DEUXIEME PARTIE

Première sous-partie


   En 1944, le Japon est presque vaincu, l’essentiel de sa flotte est coulée. Les sous-marins américains ont réussi à couper la métropole des ressources de l’Asie et la progression des bases insulaires et des porte-avions permet de pilonner Tokyo et Osaka par vagues quotidiennes de bombardiers. L’empereur Hiro Hito et l’armée, qui lui obéit, se préparent à négocier mais veulent bluffer l’adversaire en le persuadant qu’un assaut direct sur l’archipel nippon se solderait par un massacre réciproque. A l’automne 1944, les militaires japonais commencèrent à envisager l’idée d’une défaite.
   L’armée japonaise a impérativement besoin de trouver une solution, à savoir une arme efficace pour atteindre le noyau dur de la flotte ennemie, c’est-à-dire les porte-avions. C’est la raison pour laquelle une politique de sacrifice humain va être mise en place requérant la participation des jeunes pilotes et civils japonais. En effet, le Japon militaire de la seconde guerre mondiale était encore imprégné, et pas seulement chez les officiers, du bushido, code d’honneur remontant au XIIème siècle. Ce qui était considéré comme du fanatisme chez les alliés relevait donc du patriotisme traditionnel nippon. L’amiral Onishi, chef des forces aériennes japonaises, reçu alors l’autorisation de créer un corps de kamikazes. Le terme « kamikaze » remonte à l’époque Kamakura, lorsque une invasion mongole, à la suite d’un conflit diplomatique, menaça le pays. La flotte ennemie fut ravagée par les vents. Ces typhons providentiels et salvateurs, considérés comme une intervention des kami, reçurent le nom de Kamikaze ("vent divin").