INTRODUCTION

   Aux alentours de l’an 900, le gouvernement central japonais se révèle incapable de faire régner l’ordre et d’assurer la sécurité du pays. Les riches propriétaires de province mettent alors sur pieds et entretiennent des armées personnelles afin de défendre leur domaine. Les incessantes luttes pour le pouvoir politique et la possession des terres font croîtrent l’importance des hommes d’armes qui vont de plus en plus se constituer en une caste puissante. Ces guerriers s’appelaient des bushi, un mot d’origine chinoise qui signifie « celui qui sait ». Plus tard, on les dénomma samouraï, du verbe saburau qui veut dire servir. En fait, les samouraï étaient originellement un rang inférieur a celui des bushi. Avec le temps, ces deux termes furent confondus sous le seul nom de samouraï. Parallèlement, les nobles eurent une influence grandissante sur un empereur qui fut mis a l’écart de la direction effective de l’état. A partir du 12eme siècle, ces guerriers constituèrent une des castes la plus élevée dans la pyramide sociale qui dirigeait le pays. Les samouraï étaient directement soumis a la noblesse et devaient une allégeance complète à leur daimyô (seigneurs). Individuellement, ils obéissaient a un code de l’honneur ou plutôt a une éthique : le bushido ou « la voie du guerrier ». Ce code réglait, selon l’honneur, le comportement du samouraï dans les batailles de manière à garder une maîtrise intérieure. Il régissait aussi les relations entre les membres d’un même groupe ou d’une même parenté, ainsi que leur subordination à un maître, ou leur vie spirituelle. A dater de 1156, l’influence grandissante des clans des grandes familles ainsi que de la caste des guerriers, l’empereur Sutoku avait dû se résoudre à demander leur protection. Les différents clans tentèrent de prendre le pouvoir mais le véritable pouvoir tomba entre les mains des guerriers.